► Bruxelles et la diaspora maghrébine
Bruxelles, capitale européenne où siègent les institutions européennes, l'Otan, un grand nombre d'organisations internationales (think tanks et autres) et plus de 6000 journalistes, est un centre stratégique incontournable pour la diplomatie et le lobbysme internationaux. Les gouvernements européens et autres y accréditent leurs meilleurs diplomates et leurs stratèges les plus chevronnés.
Avec l'élargissement de l'U.E aux pays de l'Est, passant ainsi de 15 à 27 membres, Bruxelles, où les intelligences du monde entier construisent les stratégies d'intérêts et anticipent sur les événements internationaux, dépasse aujourd'hui, sur le plan géopolitique, la capitale américaine, Washington.
De même, cette situation exceptionnelle de confrontation d'intérêts qu'offre la Belgique au reste du monde a donné naissance dans la société civile à un nombre incalculable d'associations de toutes sortes qui viennent en appui au travail diplomatique et politique de leurs pays d'origine.
Parmi les associations les plus actives, nous trouvons celles qui interviennent souvent dans la vie interculturelle et religieuse. Les associations des «professionnels musulmans» en liaison avec certains pays arabo-musulmans, organisent régulièrement des débats sur la diversité culturelle dans la vie professionnelle, et sur des thèmes consacrés à la place de la religion dans les sociétés européennes et occidentales, dans le monde du travail (discrimination, etc.). Bref, il ne se passe pas un jour où les débats sur la question des musulmans en Europe ne se tiennent dans tel ou tel centre culturel, ou centre d'études. On y trouve même des associations qui s'intéressent à la défense des homosexuels et de l'égalité des sexes dans l'armée...
D'autres types d'associations occupent ouvertement l'espace de la politique au profit des pays qui les soutiennent. Toutefois, les associations formées par les ressortissants maghrébins restent faibles du fait de leurs difficultés internes et de la complexité institutionnelle de l'Etat fédéral belge composé d'une multiplicité de centres de décision. Cela ne facilite guère la tâche à l'associationnisme maghrébin.
En dépit de leurs mobilisations ça et là sur certaines questions qui sont souvent de second ordre, les mouvements associatifs des maghrébins en général et des belgo-marocains en particulier, se sont montrés jusqu'à présent incapables de remplir pleinement leur mission de vecteur de la participation citoyenne, d'insertion de la diaspora maghrébine dans la société belge.
L'absence de contact et de solidarité entre ces mouvements qui s'activent dans un cadre associatif fragmentaire et désarticulé appelle ceux-ci à s'organiser en vue de recoller les débris de celui-ci par des approches intégrées, coordonnées, multisectorielles et de structurer, avec la société civile du pays d'accueil et des pays d'origine, des rencontres et des dialogues sous forme de projets à réaliser à court terme, moyen et long terme.
Il serait donc plus bénéfique à ces associations d'agir conjointement et par influence réciproque pour réussir dans leurs actions, leurs projets d'insertion des ressortissants maghrébins dans le pays d'accueil et de développement socio-économique et culturel dans leurs pays d'origine.
La Belgique qui réussit à faire de sa diversité une richesse, sa capitale Bruxelles où vivent plus de 80 nationalités différentes, offre dans les limites légales, un large champ de liberté d'action pour la diaspora maghrébine de Belgique qui dispose de moyens et de compétences humaines non négligeables (techniciens, chercheurs de divers secteur, etc.).
CHATAR Saïd
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► Le gouvernement Benkirane et le défi de la communication
La communication gouvernementale, au sens d'«un service public » et non pas de « propagande» idéologique qui viserait l'endoctrinement et le contrôle des opinions et des initiatives, est un des outils privilégiés de sensibilisation, d'explication et de dévoilement des politiques publiques dans les plus grandes démocraties participatives. Au Maroc, c'est l'une des failles abyssales du système institutionnel. Nous sommes plutôt dans un état caractérisé d'incommunicabilité. La question est : le nouveau gouvernement, qui se veut proche et transparent, parviendra-t-il à combler cette faille et à inaugurer une ère nouvelle en matière de communication institutionnelle ?
1-le fléau de l'incommunicabilité
Si, en anthropologie, l'incommunicabilité « dans les relations entre les hommes » est « du fait des différences de langue, de cultures, de systèmes de référence » (Charlie Galibert, « L'incommunicabilité dans le cadre de la pratique anthropologique », Socio-anthropologie, N°23-24| 2009), l'incommunicabilité qui affecte les institutions nationales trouve sa source à la fois dans la complexité et l'inefficience des procédures et des outils employés et dans un mélange d'habitudes et de réflexes bien ancrés dans la culture administrative du pays. Le clientélisme, le favoritisme, la corruption et l'abus d'autorité ne sont, en définitif, que quelques-unes des manifestations de ce mal endémique qui entrave le bon fonctionnement du système institutionnel marocain. Les services publics de proximité (poste, hôpitaux, eau, électricité, conservation, impôts, préfectures, police, municipalités….) sont passés maîtres dans l'art de « noyer le poisson », d'entretenir le secret, de refuser le renseignement, et de ce fait, de mettre à rude épreuve les nerfs des usagers. Souvent, l'accueil est peu convenable, l'information une denrée rare, devenue, par la force des choses, monnayable. Les feuilles d'impôt et de soins, les factures d'eau, d'électricité et du téléphone sont hermétiques et incompréhensibles pour le commun des citoyens. Les opérations liées à la propreté et au ramassage des ordures ménagères, entourées d'opacité et très juteuses par ailleurs, ne génèrent que gêne et désagrément pour les citoyens.
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► Cachez-moi ce musulman que je ne saurais voir !Les dessous des lois islamophobes
Zouhaïr LAHNA
Chirurgien Obstétricien, Ancien Vice-Président d'Aide médicale Internationale
Une autre loi, votée le 17 janvier dernier, sous silence médiatique par le sénat français, contre les femmes musulmanes et leur pratique religieuse. Pour ceux qui doutaient encore, il est clair qu'il s'agit d'un combat permanent contre les musulmans. On utilise tous les moyens, allant de la diabolisation des fidèles à coup de propagande médiatique, jusqu'aux lois iniques sans aucune considération aux droits humains élémentaires et des libertés fondamentales dont se gargarisent pourtant les politiques et leurs soutiens intellectuels dans l'hexagone !!
Cet acharnement sur une ‘'communauté'' somme toute sans véritable force ni lobbying, accrédite la pensée d'un certain nombre d'intellectuels musulmans ou non, que la seule idée forte qui peut faire face au système capitaliste débridé et asservissant des individus c'est l'Islam. Il a fallu par conséquent trouver tous les moyens pour le diaboliser et installer durablement un sentiment de défiance.
Truffés d'idées reçus, les individus pensent savoir de quoi il s'agit sans le connaitre, et toutes les pistes qui peuvent mener à une recherche sont immédiatement miner par les gardiens du temple du capital.
La loi présentée par la gauche radicale au nom de la protection de la petite enfance et bien évidemment du principe de laïcité stipule dans son article 3 que les assistantes maternelles accueillant des enfants chez elles sont soumises à une obligation de neutralité en matière religieuse au cours de son activité d'accueil d'enfant.
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